Peu m'importe la tyrannie Et le règne des soudards Tant qu'il nous reste la vie Tant qu'aimer n'est pas trop tard Dans tes bras mon tendre ami De nos corps les chatteries On fait périr mon cafard Le bourdon du désespoir A pétri toute ma vie Le bourdon du désespoir Des angoisses les plus noires.
Peu importent vos sarcasmes Et vos hoquets goguenards L'uniforme du marasme Tant qu'aimer n'est pas trop tard Dans tes bras ta tendre amie A repris goût à la vie En bénissant les hasards Qu'il nous firent naître ensemble Et pas d'un siècle d'écart Qui nous firent naître ensemble Ni trop tôt et ni trop tard.
Que m'importent les mensonges Dont on broda nos berceaux Et la faux, le ver qui ronge De la mort les oripeaux Dans tes bras mon tendre ami nous ferons durer la vie Et nos rires et nos pleures Le bonheur comme la peine fait pleurer les amoureux Le bonheur comme la peine Mais mieux vaut pleurer à deux.
Que m'importe le temps qui passe Et s'éloigne nulle part Le doux présent nous enlace Tant qu'aimer n'est pas trop tard Sais-tu bien mon tendre ami Qu'un jour se dissout la vie Comme s'effacent les brouillards Mieux vaut s'estomper ensemble Sans une seconde d'écart Mieux vaut s'éstomper ensemble Ni trop tôt et ni trop tard.
[Jeanne Moreau - Ni trop tôt ni trop tard]